L'essentiel à retenir
- IRL du deuxième trimestre 2026 : 148,37 en métropole, soit une hausse maximale de 1,15 pour cent.
- IRL du premier trimestre 2026 : 146,60, soit 0,78 pour cent.
- La révision est interdite pour un logement F ou G dont le bail date du 24 août 2022 ou après, en métropole.
- La réévaluation au renouvellement se notifie au moins six mois avant le terme du bail.
- Une hausse après travaux suppose une clause au bail ou un avenant signé.
Quatre mécanismes distincts, souvent confondus
Un bailleur peut augmenter un loyer dans quatre situations seulement, et elles obéissent à des règles totalement différentes. Les confondre est la cause la plus fréquente de demandes rejetées.
La révision annuelle suit l'IRL et se pratique en cours de bail, à date anniversaire. La réévaluation pour loyer manifestement sous-évalué n'est possible qu'au renouvellement du bail et suppose une démonstration lourde. La hausse après travaux d'amélioration nécessite un accord écrit. Enfin, la fixation du loyer à la relocation dépend de la zone et de l'encadrement applicable.
Seul le premier mécanisme est simple et courant. Les trois autres sont encadrés au point d'être rarement utilisables sans préparation.
La révision annuelle avec l'IRL
En métropole, l'IRL du deuxième trimestre 2026 s'établit à 148,37, en hausse de 1,15 pour cent sur un an. Celui du premier trimestre 2026 est de 146,60, en hausse de 0,78 pour cent. La hausse maximale dépend donc du trimestre de référence de votre bail.
La formule est le loyer hors charges multiplié par l'IRL du trimestre de référence de l'année en cours, divisé par l'IRL du même trimestre l'année précédente, arrondi au centime. Pour un loyer de 900 euros indexé sur le deuxième trimestre, le calcul avec 148,37 et 146,68 donne 910,37 euros, soit 10,37 euros par mois.
Trois conditions bloquent la révision : l'absence de clause au bail, un dépassement du délai d'un an après la date de révision, et un classement F ou G au diagnostic de performance énergétique pour les baux signés, renouvelés ou tacitement reconduits depuis le 24 août 2022 en métropole. La tacite reconduction suffit à déclencher cette dernière interdiction, ce qui vise en pratique presque tous les baux en cours.
La réévaluation au renouvellement du bail
Si le loyer est manifestement sous-évalué par rapport au marché local, le bailleur peut proposer un nouveau loyer au renouvellement du bail. La procédure est stricte et son formalisme est la principale cause d'échec.
La proposition doit être notifiée au moins six mois avant le terme du bail, par lettre recommandée avec accusé de réception, par acte de commissaire de justice ou par remise en main propre contre récépissé. Elle doit reproduire les dispositions légales applicables et s'appuyer sur des références de loyers du voisinage, dont le nombre minimal est fixé réglementairement selon la taille de l'agglomération.
La hausse obtenue est ensuite étalée : par sixième annuel si le bail est renouvelé pour six ans, par tiers si l'augmentation est inférieure à 10 pour cent. En cas de désaccord, la commission départementale de conciliation doit être saisie avant le juge. Cette procédure n'a de sens que pour un écart substantiel avec le marché.
La hausse après travaux d'amélioration
Des travaux d'amélioration réalisés en cours de bail peuvent justifier une majoration, à condition qu'une clause du bail le prévoie ou qu'un avenant soit signé avec le locataire. L'accord écrit est indispensable : aucune hausse unilatérale n'est possible sur ce fondement.
La distinction entre amélioration et entretien est déterminante. Remplacer une chaudière hors d'usage par un modèle équivalent est un entretien, à la charge du bailleur sans contrepartie. Installer une isolation, une ventilation double flux ou une salle d'eau supplémentaire est une amélioration.
L'avenant doit préciser la nature des travaux, leur coût et le montant de la majoration. Un usage courant fixe cette majoration à environ 15 pour cent du coût des travaux sur une base annuelle, mais aucun texte ne l'impose : c'est une négociation.
L'encadrement des loyers à la relocation
Deux dispositifs se superposent et ils sont souvent confondus. L'encadrement de l'évolution des loyers à la relocation s'applique dans toutes les zones tendues : à quelques exceptions près, le loyer d'un nouveau locataire ne peut pas dépasser celui du locataire précédent, hors révision IRL.
L'encadrement du niveau des loyers, plus contraignant, s'applique dans certaines communes seulement, dont Paris, Lille, Lyon, Villeurbanne, Montpellier, Bordeaux, Bègles, Est Ensemble et Plaine Commune. Un loyer de référence majoré y est fixé par arrêté préfectoral selon le quartier, le nombre de pièces, l'époque de construction et le caractère meublé ou non.
Dans ces communes, dépasser le loyer de référence majoré n'est possible qu'avec un complément de loyer justifié par une caractéristique de confort ou de localisation exceptionnelle, qui doit être mentionné distinctement au bail. Un complément mal justifié est régulièrement annulé, avec restitution des sommes perçues.
Notifier la révision : forme, contenu et date d'effet
La révision annuelle n'est pas automatique : elle doit être demandée. Un bailleur qui ne dit rien ne perçoit pas la hausse, même si la clause figure au bail et même si le calcul est incontestable.
Aucune forme n'est imposée par la loi, mais la lettre recommandée avec accusé de réception reste le standard parce qu'elle date la demande de manière opposable. Cette date compte doublement : elle prouve le respect du délai d'un an et elle fixe le point de départ de l'application du nouveau montant.
Le courrier doit permettre au locataire de refaire le calcul seul. Mentionnez le loyer actuel hors charges, le trimestre de référence prévu au bail, l'ancien et le nouvel indice, l'opération complète, le nouveau loyer et la date d'effet. Précisez aussi que les provisions pour charges sont inchangées, sans quoi le locataire lit une augmentation globale et conteste.
La hausse s'applique à compter de la demande et ne rétroagit pas. Une révision demandée en novembre pour une date anniversaire fixée en mars ne permet pas de réclamer les huit mois écoulés : ils sont définitivement perdus.
Meublé, colocation et bail mobilité
Les règles de révision sont identiques en location vide et en location meublée soumise à la loi de 1989 : même clause obligatoire, même indice, même délai d'un an, même interdiction pour les logements classés F ou G. La durée du bail change, pas le mécanisme de révision.
En colocation avec bail unique, la révision porte sur le loyer global du logement et se répercute ensuite sur les quotes-parts. Avec des baux individuels, chaque contrat se révise séparément, à sa propre date anniversaire et selon son propre trimestre de référence, ce qui suppose un suivi par colocataire.
Le bail mobilité, d'une durée de un à dix mois non renouvelable, ne donne pas lieu à révision : sa durée est inférieure à l'année et le loyer est fixé pour toute la période. En revanche, le loyer d'un nouveau bail mobilité conclu ensuite reste soumis aux règles d'encadrement applicables à la commune.
Dernier point souvent ignoré : pour un logement loué meublé dans une commune soumise à l'encadrement du niveau des loyers, le loyer de référence majoré applicable au meublé est distinct de celui du vide. Utiliser le mauvais barème conduit à un dépassement et à une action en diminution de loyer.
Les erreurs qui coûtent une augmentation
Quatre erreurs reviennent systématiquement et chacune fait perdre soit la hausse de l'année, soit la procédure entière.
- Attendre plusieurs mois après la date de révision : la hausse ne rétroagit pas, les mois écoulés sont perdus.
- Utiliser deux indices de trimestres différents, ce qui fausse le calcul et rend la demande contestable.
- Réviser un logement classé F ou G alors que le bail a été tacitement reconduit après le 24 août 2022.
- Notifier une réévaluation au renouvellement moins de six mois avant le terme du bail, ce qui l'annule.
Continuez votre démarche
Rédiger le courrier de révision avec les deux indices, la formule et la date d'effet clairement présentées.
Ce qu'il faut savoir
De combien peut-on augmenter un loyer en 2026 ?
Une révision fondée sur le deuxième trimestre 2026 autorise 1,15 pour cent de hausse, celle fondée sur le premier trimestre 0,78 pour cent. Le pourcentage dépend du trimestre de référence indiqué au bail.
Une hausse de 1,15 pour cent est-elle automatique ?
Non. Elle suppose une clause de révision au bail, le respect du trimestre de référence et du délai d'un an, et l'absence d'interdiction liée au classement énergétique du logement.
Peut-on augmenter le loyer d'un logement classé F ou G ?
Non en métropole si le bail a été signé, renouvelé ou tacitement reconduit depuis le 24 août 2022. La date est le 1er juillet 2024 en Guadeloupe, Guyane, Martinique, La Réunion et Mayotte.
Peut-on augmenter le loyer entre deux locataires ?
En zone tendue, le loyer du nouveau locataire ne peut pas dépasser celui du précédent, hors révision IRL et sauf exceptions comme des travaux importants ou une vacance longue. Dans les communes soumises à l'encadrement du niveau des loyers, le loyer de référence majoré s'impose en plus.
Quand paraîtra le prochain IRL ?
L'indice du troisième trimestre 2026 est attendu à la mi-octobre 2026. L'Insee publie environ deux semaines après la fin de chaque trimestre.
Des travaux permettent-ils d'augmenter le loyer en cours de bail ?
Seulement s'il s'agit de travaux d'amélioration et si une clause du bail le prévoit ou si un avenant est signé. Le simple remplacement d'un équipement usé est un entretien, sans contrepartie possible.
Pour aller à la source
Les informations de cette page ont été vérifiées à partir des publications officielles ci-dessous le 27 juillet 2026.

