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Régularisation des charges locatives : calendrier et justificatifs

Le calendrier de l'article 23, les documents à envoyer un mois avant, les six mois de consultation et ce qui arrive quand la régularisation est faite trop tard.

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Tableau de dépenses d'un logement
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L'essentiel à retenir

  • La régularisation est obligatoire au moins une fois par an en cas de provisions.
  • Le forfait de charges, réservé au meublé, ne donne jamais lieu à régularisation.
  • Le décompte par nature de charges doit partir un mois avant la régularisation.
  • Les justificatifs restent consultables six mois après l'envoi du décompte.
  • Une régularisation faite après la fin de l'année civile suivante ouvre droit à un étalement sur douze mois.
  • La dette de charges se prescrit par trois ans.

Provisions et forfait : deux régimes opposés

Quand les charges sont payées par provisions, elles doivent faire l'objet d'une régularisation au moins annuelle. C'est le régime obligatoire en location vide et le plus courant en location meublée.

Quand les charges sont payées au forfait, régime réservé à la location meublée, il n'y a pas de régularisation. Le montant est définitif dans les deux sens : le bailleur ne peut rien réclamer si les dépenses dépassent le forfait, et il n'a rien à rembourser si elles sont inférieures. Le forfait ne doit pas être manifestement disproportionné par rapport aux charges réelles.

Ce choix se fait à la signature et engage pour toute la durée du bail. Le forfait simplifie la gestion mais transfère le risque d'évolution des charges au bailleur, ce qui pèse quand le chauffage collectif dérape.

Le calendrier imposé par l'article 23

Trois jalons structurent la procédure et leur non-respect fragilise la demande de complément, même quand le calcul est exact.

Un mois avant la régularisation, le bailleur communique au locataire le décompte par nature de charges et, en immeuble collectif, le mode de répartition entre les locataires. Ce décompte préalable n'est pas une courtoisie : son absence permet au locataire de contester la procédure.

Pendant les six mois qui suivent l'envoi du décompte, les pièces justificatives doivent être tenues à la disposition du locataire dans des conditions normales. Elles n'ont pas à lui être envoyées, mais il doit pouvoir les consulter s'il le demande. Un bailleur qui ne répond pas à une demande de consultation s'expose à un refus de paiement légitime.

  • Approbation des comptes de la copropriété en assemblée générale.
  • Envoi du décompte par nature de charges et du mode de répartition, un mois avant.
  • Demande du solde, en faveur du bailleur ou du locataire.
  • Mise à disposition des justificatifs pendant six mois à compter de l'envoi du décompte.

Ce que doit contenir le décompte

Un décompte exploitable présente les dépenses ligne par ligne, par nature, avec le montant total pour l'immeuble et la quote-part appliquée au logement. Un simple total annuel ne satisfait pas l'obligation légale et se conteste facilement.

En immeuble collectif, ajoutez le mode de répartition : tantièmes du lot, compteurs individuels ou clé du règlement de copropriété selon les postes. Si le logement est raccordé à un chauffage collectif ou à un réseau de chaleur, une note d'information sur les modalités de calcul doit accompagner le décompte.

Indiquez également le total des provisions appelées sur la période et le solde qui en résulte. Le locataire doit pouvoir refaire l'opération sans vous appeler.

Une régularisation tardive et ses deux conséquences

Lorsque la régularisation n'intervient pas avant la fin de l'année civile suivant celle de l'exigibilité des charges, le locataire peut exiger un paiement échelonné sur douze mois. Pour des charges de 2024, une régularisation envoyée en 2026 ouvre ce droit.

La dette elle-même se prescrit par trois ans. Passé ce délai, elle ne peut plus être réclamée, quel que soit son montant et quelle que soit la bonne foi du bailleur.

Au-delà du droit, une régularisation portant sur plusieurs années crée presque toujours un conflit. Un locataire qui reçoit une demande de 1 400 euros couvrant trois exercices la conteste, même quand elle est fondée, simplement parce qu'elle est ingérable pour son budget. Régulariser chaque année après l'assemblée générale est la seule pratique qui évite ce scénario.

Quand le locataire conteste le décompte

Les contestations portent presque toujours sur trois points : une dépense qui ne figure pas au décret du 26 août 1987, une quote-part qui ne correspond pas aux tantièmes du lot, ou l'absence de justificatifs.

Reprenez ces trois vérifications avant de répondre. Les erreurs les plus fréquentes sont l'inclusion des honoraires de syndic, d'un ravalement ou de l'assurance du propriétaire, trois postes qui ne sont jamais récupérables.

Si le désaccord persiste, la commission départementale de conciliation est compétente et sa saisine est gratuite. Elle traite fréquemment ce type de litige et sa position, même non contraignante, oriente souvent la suite.

De l'appel de fonds du syndic au décompte du locataire

En copropriété, le bailleur ne peut pas recopier ses appels de fonds dans le décompte du locataire. Les deux documents n'obéissent pas à la même logique et le passage de l'un à l'autre demande un tri en trois temps.

Premier temps : isoler les dépenses récupérables. L'annexe du décret du 26 août 1987 fixe une liste exhaustive, et les postes les plus souvent ajoutés à tort sont les honoraires du syndic, l'assurance de l'immeuble souscrite par le propriétaire, le ravalement et le remplacement d'équipements. Ces quatre lignes ne sont jamais récupérables.

Deuxième temps : appliquer la bonne quote-part. Certaines charges se répartissent aux tantièmes généraux, d'autres à des clés spécifiques prévues au règlement de copropriété, comme la clé ascenseur qui exonère le rez-de-chaussée. L'eau et le chauffage suivent les compteurs individuels lorsqu'ils existent.

Troisième temps : retenir les charges de l'exercice concerné, pas les appels de fonds versés. Un appel de fonds est une avance de trésorerie, la charge réelle n'apparaît qu'au compte de gestion approuvé. Confondre les deux est l'erreur la plus fréquente et elle fausse le décompte dans les deux sens.

  • Partir du compte de gestion approuvé, pas des appels de fonds trimestriels.
  • Écarter les postes non récupérables avant tout calcul de quote-part.
  • Utiliser la clé de répartition propre à chaque poste, pas une clé unique.
  • Exclure le fonds de travaux, qui reste intégralement à la charge du propriétaire.

Ajuster les provisions pour éviter les régularisations brutales

Une provision mensuelle correctement calibrée rend la régularisation presque indolore. Le bon repère est le montant des charges récupérables de l'exercice précédent divisé par douze, majoré de la hausse attendue sur les postes volatils, principalement l'énergie.

Les provisions doivent rester justifiées par les résultats antérieurs de régularisation ou par le budget prévisionnel de la copropriété. Une provision manifestement surévaluée, qui aboutit chaque année à un remboursement important, revient à faire porter au locataire une avance de trésorerie sans base contractuelle.

À l'inverse, une provision trop basse produit chaque année un rappel de plusieurs centaines d'euros. C'est la première cause de conflit sur les charges, avant même les erreurs de calcul, parce qu'elle transforme une dépense prévisible en mauvaise surprise budgétaire.

Un ajustement se fait à l'occasion de la régularisation, en informant le locataire par écrit du nouveau montant et de son fondement. L'ajustement n'est pas une augmentation de loyer et ne suit donc pas les règles de la révision annuelle.

Le cas du locataire parti en cours d'année

La quote-part d'un locataire sorti se calcule au prorata de sa période d'occupation sur l'exercice concerné. Un locataire présent de janvier à avril supporte quatre douzièmes des charges annuelles récupérables de son lot.

Le problème pratique est temporel : les comptes de la copropriété ne sont approuvés que bien après son départ, souvent plus d'un an. C'est précisément pour cela que l'article 22 permet de conserver une provision plafonnée à 20 pour cent du dépôt de garantie en immeuble collectif.

Cette provision doit être restituée dans le mois suivant l'approbation définitive des comptes. La garder au-delà, ou la conserver alors que le logement n'est pas en copropriété, expose à la majoration de retard de 10 pour cent par mois commencé.

Questions fréquentes

Ce qu'il faut savoir

La régularisation des charges est-elle annuelle ?

Oui, au moins une fois par an lorsque les charges sont payées par provisions. Le forfait de charges en location meublée suit un autre régime et ne donne lieu à aucune régularisation.

Toutes les dépenses sont-elles récupérables ?

Non. Seules celles figurant au décret du 26 août 1987 peuvent être imputées au locataire, et cette liste est exhaustive. Une clause du bail contraire est réputée non écrite.

Combien de temps garder les justificatifs ?

Au minimum les six mois pendant lesquels le locataire peut les consulter, et en pratique trois ans, durée de la prescription applicable aux dettes de loyer et de charges.

Le locataire peut-il refuser de payer le solde ?

Il peut légitimement refuser si le décompte préalable n'a pas été envoyé un mois avant, ou si le bailleur ne met pas les justificatifs à sa disposition malgré sa demande.

Peut-on régulariser deux années en même temps ?

Rien ne l'interdit dans la limite de la prescription de trois ans, mais le locataire pourra exiger un étalement du paiement sur douze mois pour les exercices dépassant la fin de l'année civile suivante.

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Pour aller à la source

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